Afia : Comment le véganisme peut aider le Ghana, mon pays d’origine

Bonjour! Je suis étudiante en doctorat et j’aime parler du véganisme en rapport avec ma culture. Sur mes plateformes, je propose des recettes végétaliennes faciles qui mettent en valeur la culture alimentaire, les ingrédients et les méthodes de cuisson du Ghana et de l’Afrique de l’Ouest. J’aime mettre mon public au défi de sortir des sentiers battus pour l’inciter à adopter un mode de vie végétalien et à être plus inclusif. Vous pouvez me trouver sur Instagram à l’adresse @thecanadianafrican ou sur mon blogue à www.thecanadianafrican.com.

Au Ghana, durant mon enfance, il pleuvait chaque année en juillet. La pluie s’abattait rapidement sur nous et causait beaucoup de dégâts. Comme notre pays est à faible altitude, qu’il ne dispose pas d’un bon drainage ni de plans d’urgence en cas d’inondations, des maisons étaient détruites et des vies étaient gâchées. En septembre, la pluie se calmait et la vie reprenait son cours. La chaleur battait son comble. En décembre, tout le sud du Ghana était couvert d’une épaisse poussière; ce cycle recommençait chaque année.

Si l’on analyse ce phénomène à court terme en comparant une année à l’autre, il peut être difficile de noter des changements. En revanche, lorsqu’on l’analyse sur une décennie, on peut commencer à voir les effets de plus en plus prononcés du changement climatique sur ce phénomène météorologique cyclique. Enfant, je ne pouvais pas bien comprendre ce phénomène, mais, en tant qu’adulte, et après avoir discuté avec mes parents de la famine et des inondations qui ont ravagé le Ghana en 1983, et en voyant à quel point nous sommes dépendants de la nature en tant que peuple, je peux comprendre comment nos crises climatiques actuelles toucheront durement le Ghana et de nombreux pays subsahariens. Ce sera encore plus difficile que ce à quoi les gens s’attendent.

Consciente de cette réalité, je suis plus susceptible de faire de mon mieux pour protéger la planète. Au Canada, il est facile de ne pas se soucier de ce qui se passe dans d’autres parties du monde parce que l’on n’a pas l’impression de causer le problème. Cependant, comme le climat représente un aspect complexe de notre monde, les choix que nous faisons ici au Canada ont de graves répercussions sur le continent africain.

En tant que deuxième plus grande masse terrestre, l’Afrique sera davantage touchée par le changement climatique. En outre, sa situation géographique et la complexité de son système météorologique font qu’elle est fortement influencée par les facteurs climatiques des autres continents. De plus, il ne faut pas oublier que les Africains dépendent beaucoup plus de la nature pour leur subsistance que nous : la pluie est indispensable pour leurs cultures, l’eau potable est nécessaire à leur survie et la mer est essentielle pour la pêche. La variabilité du système météorologique est synonyme de désastre pour des millions de personnes. Comble de l’ironie, l’Afrique produit, en tant que continent, une fraction de ce que le Canada et les États-Unis produisent en matière de gaz à effet de serre. Comme je suis moi-même Ghanéenne et que je vis au Canada, cet aspect m’aide vraiment à mettre en perspective l’impact que mon mode de vie ici peut avoir sur ma famille qui est restée là-bas.

Le mouvement végétalien est fondé sur la compassion envers tous les êtres vivants, qu’ils soient humains ou non. Je pense qu’on devrait davantage inclure des conversations sur la manière dont nos choix affectent les autres pour rendre le mouvement encore plus altruiste. Nos modes de vie en Amérique du Nord ont un énorme effet sur notre planète, et ce, en raison de la nature de notre société. Nous disposons en effet de nombreux privilèges qui nous empêchent de voir directement cet impact. Cependant, beaucoup subissent le poids de la plupart de nos décisions. Cette prise de conscience a raffermi mon choix d’adopter un mode de vie végétalien. Il s’agit certes d’un choix personnel, mais il peut encore porter ses fruits. J’espère qu’en racontant mon histoire, je pourrais encourager davantage de personnes à opter pour les plantes et à lancer ensemble un mouvement. Parfois, le simple fait de substituer le lait de vache par un la*t végétal est un excellent début. Ce genre de changement change bien des choses. Il suffit que davantage de personnes fassent de même pour que ces changements prennent de l’ampleur.

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