Pourquoi est-ce correct de ne pas être parfaitement végétalien

Incapable de faire le même travail plus de 3 heures de suite, je suis pigiste dans les médias, c’est-à-dire que je suis journaliste, comédienne, chroniqueuse et animatrice, autant pour le web, la télé et la radio! Depuis quelques années, je me fais un plaisir d’aborder les sujets qui me tiennent à cœur, soit l’environnement et le féminisme. Je suis fière de faire partie du Plant Posse Earth’s Own, parce que je suis convaincue que la réduction des gaz à effet de serre passe en majorité par notre alimentation. Pour moi, encourager une compagnie locale ET végétalienne est JUBILATOIRE! Il est indispensable que de telles alternatives à base de plantes (qui utilisent tellement moins de ressources que leur homologue animalier!) soient accessibles et attrayants pour toutes les couches de la société!

Je le dis d’emblée, je ne suis pas végane.

Pourtant, autant sur les réseaux sociaux que dans les potlucks que dans les restos, j’en mange, j’en parle et j’en jouis.

En effet, je vante et je parle tellement de produits véganes depuis mes 18 ans que la plupart des gens ne peuvent s’enlever de la tête que je ne le suis pas. (J’ai même eu un compte Instagram dédié au véganisme fut un temps).

Ardente activiste de la lutte aux changements climatiques, j’ai pourtant le profil parfait pour boycotter toute forme d’exploitation animale.

Malgré tout, je ne suis pas végane. Du moins pas à 100%.

Pourquoi pas à 100%?

Pour deux raisons: je peine à digérer plusieurs types de légumineuses et de crucifères, mais aussi parce que si je place un interdit sur ma route, j’aurai inévitablement, quelques mois plus tard, une envie ravageuse de succomber à une bouchée de fromage dans un moment de faiblesse et d’alcoolémie (et d’inattention? mon déficit d’attention a le dos large) lors d’un buffet de Noël. Je suis une personne avec beaucoup de nuances, qui se connaît par coeur, et tout mon entourage bénéficie que je me garde une certaine flexibilité.

Rassurez-vous: ma flexibilité s’arrête là où les options commencent. Ce que je veux dire, c’est que si on m’offre une option végétalienne, je prends l’option végétalienne. (À moins qu’elle contienne des zucchinis. J’entretiens une très mauvaise relation avec les zucchinis).

Bon, assez de justification. La vérité c’est que j’ai en admiration les véganes, j’aspire à en être une à 100%, mais que je ne suis tout simplement pas encore rendue là dans ma démarche.

Je suis d’ailleurs tout à fait en accord avec le fait que si tout le monde

devenait végétalien, la Terre se porterait mieux. En fait, selon un rapport sur l’alimentation et le climat publié dans le journal américain “Proceedings de la National Academy of Sciences”, les émissions mondiales de GES liées à la nourriture chuteraient de 70% d’ici 30 ans si nous faisions tous le grand saut vers l’alimentation exclusivement végétale.

Toutefois, la vérité est que la génération allumée que nous sommes est parachutée dans un monde où la viande est au coeur des traditions (du moins nord-américaines) depuis des centaines d’années, et où l’arrêt immédiat des activités sur 70 à 78 % des terres agricoles mondiales (c’est le pourcentage nécessaire à l’élevage) est quasi… impossible.

Ce qu’il faut, indubitablement, c’est une transition.

Vaut mieux être un végétalien infidèle que pas végétalien du tout.

Selon moi, la première chose à faire en tant que société serait de changer notre rapport à la viande. À quand l’ère où le végétalisme, ou du moins le végétarisme, deviendra la normalité et l’omnivorisme l’exception?

J’ai la conviction que commander, acheter, cuisiner, prendre en photo un steak, une fajita au poulet, un verre de lait de vache ou des côtes levées devrait toujours venir avec un petit sentiment de culpabilité. Ou, dans une perspective plus joyeuse, avec l’impression que les aliments animaliers ne sont réservés qu’aux occasions spéciales, comme pour Noël, par exemple. Et qu’on les a choisis minutieusement, avec une conscience éthique et environnementale.

Certaines personnes refusent d’adopter un régime avec peu ou pas de produits animaliers, parce qu’ils ont peur de devoir délaisser des aliments qui les réconfortent. Mais pourquoi ne pas se dire: “Je deviens végane, sauf pour le fromage de chèvre, le poisson blanc bio et le poulet à la bière de mon père.” (Dites-le dans votre tête hein, pas à voix haute. Ça risque vraiment de créer des malentendus inutiles sinon. Pour vrai.)

Pour diminuer à long terme les gaz à effet de serre liés à l’élevage et à l’industrie laitière, il est logique pour une société de commencer au tout début du continuum du véganisme. Par exemple, adopter le lait d’avoine ou de soya est un excellent début si on veut donner un repos bien mérité aux milliards de vaches qui se font maltraiter chaque seconde pour nos lattés.  Encourager des compagnies qui offrent des substituts végétaux à nos BBQ ou même remplacer le miel par du sirop d’érable quand c’est possible (on est au Canada après tout), ce sont des petits gestes qui nous font tout autant avancer, comme individu et comme société, dans le continuum!

Si tous les gouvernements, restaurants, agriculteurs, épiceries et individus s’y mettaient, peut-être que dans 30 ans, on sera si loin dans ce continuum que le végétalisme ne sera même plus une option: il sera à la base de notre alimentation.

@bravo_maude

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